TUTO // Retouche avec ACDsee Pro 6

Christophe Saccoman, photographe amateur et passionné, nous présente ici un tutoriel sur ACDSee Pro pour la retouche photo. Il aborde la retouche d’une de ses photos et vous dévoile ses propres techniques.

Avec le développement conséquent des APN depuis 10 ans, et autres Smartphones aux performances photos toujours en amélioration, nous avons changé notre rapport à l’image. Autrefois réservé au sérail de l’imagerie pro, le post-traitement des clichés est aujourd’hui à la portée de tout un chacun. Chaque fabriquant livrant son équipement accompagné d’un logiciel du cru (DPP pour Canon, par exemple) ou d’autres solutions plus ou moins onéreuses. Pourquoi s’en priver ? Les améliorations sont notables ! Et quitte à tirer un cliché sur papier pour le mettre en album, pour l’offrir ou le mettre sous cadre, autant le travailler un peu.

La référence incontestée, dans le domaine, est évidemment Photoshop, l’indétrônable titre de chez Adobe.
Pour qui sait s’en servir, c’est l’arme ultime. Inconvénients, son prix, d’une part, et ce que je notais ci-avant, il faut savoir s’en servir… Des alternatives existent, payantes ou gratuites, beaucoup d’entre-elles reprennent des concepts venants du monde Photoshop, l’utilisation des courbes, par exemple. Au chapitre des gratuits, on retrouvera le googléen Picasa pour ne citer que lui. Ce logiciel permet, outre la post-prod basique, la visualisation rapide et intuitive de ses répertoires et de ses photos classées.

ACDsee était, il y a une quinzaine d’années, une visionneuse. On le trouvait sur pas mal de CD fournis avec telle ou telle revue informatique, pour visualiser les images contenues sur ledit CD. Il existe toujours une référence de la marque qui remplit cette fonction de visionneuse. Il y a quelques années, est sortie une version dite « Pro », qui, en plus des fonctions de visualisation intuitive de ses répertoires d’images, embarquait une fonction d’édition. Les versions ont avancé, prenant en charge depuis un moment, la partie développement des RAW.

Je vous propose une présentation de post-traitement, effectué sur la version 6 d’ACDsee Pro. Vous pourrez constater qu’il n’est pas si chronophage et compliqué de post-traiter une image, au moins dans les opérations de base. Travaillant principalement en jpeg, je n’aborderai volontairement pas la partie développement RAW. Et je ne détaillerai pas, dans cette présentation, les différents outils qui ne m’ont pas été nécessaires, pour retravailler mon image.

Cette photo de Rafale a été faite en mai 2013, sur la base de Salon de Provence, à l’occasion des 60 ans de la Patrouille de France. Il est presque 16h, le ciel bleu réapparait après un début d’après midi orageux donc ennuagé et pluvieux. Coté EXIF, le boîtier est un 5D Mk II, couplé à un 24-105 de chez Canon. 200 Iso, 98mm, f9, 1/400e s.

Premier outil d’édition, au chapitre « Géométrie », « Faire pivoter ». Le quadrillage visible est débrayable. Plusieurs méthodes sont possibles:

– « au jugé », on fait varier l’inclinaison en sélectionnant le curseur à la souris, ou en affichant une valeur numérique dans la boite située à droite de la barre de redressement.

– Seconde possibilité, avec la roulette de la souris, en plaçant le pointeur sur la barre.

– Troisième option, définir une référence verticale ou horizontale sur le cliché. Pour un travail au grand angle, privilégiez alors un référentiel au centre de l’image.

Vous pourrez également appliquer une rotation rapide de 90° ou 180°. Une fois le cliché redressé, il suffit de cliquer sur « Terminer ».

Deuxième étape géométrique, le recadrage. Là encore de nombreuses options possibles. La possibilité d’opérer le recadrage en respectant la proportion du cliché d’origine, ou d’autres formats prédéfinis. Le choix de la proportion de référence pourra être guidé par l’emploi final de la photo (tirage, agrandissement, diffusion web…). Un cadre vient se plaquer sur l’image, facilitant le recadrage en respectant le principe de la règle des tiers. Cliquez sur « Terminer » pour valider votre recadrage.

Maintenant que l’horizon est droit et que le recadrage éventuel a été fait, passons à l’éclairage. Je travaille en extérieur, avec des réglages basiquement pondérés au niveau lumière. Dans le cas de ce cliché, la lumière du ciel et des nuages est assez forte, comparée à celle sur l’avion. Le but est d’opérer une petite inversion pour faire ressortir le sujet principal, l’avion.

L’outil éclairage se décompose, encore une fois, en plusieurs menus, que chacun emploiera comme il préfère. Dans « Général », vous pourrez jouer sur les ombres (tons les plus foncés), les tons moyens et les rehauts (tons les plus clairs). Egaliseur de lumière, que j’utilise le plus généralement, la lumière est « découpée » en bandes, du plus sombre, à gauche, pour aller jusqu’au plus clair, à droite. Le double graphique représentant la quantité d’informations contenue dans chaque bande. A l’aide de ma souris, je vais augmenter la lumière dans les bandes les plus sombres (la lumière de l’avion), c’est la partie supérieure du graphique. Puis je vais abaisser la lumière dans les bandes les plus claires (le ciel et les nuage), partie inférieure du graphe. Nous obtenons alors le premier changement significatif de notre image ! Certes l’horizon n’était pas droit, le cadrage laissait à désirer, mais les modifications faites ne relevaient pas du fondamental. Avec cette modification de lumière, au contraire, on rentre « dans le dur », voir, c’est cette opération qui va modifier le plus profondément notre cliché de départ. On constatera, au passage, qu’en baissant la lumière des tons clairs, le ciel et les nuages ont eu tendance à se saturer, c’est un point que nous corrigerons un peu plus loin. Options avancées permettra de faire un travail, à priori plus fin encore, que l’Egaliseur de lumière.

Jusque là, nous travaillions sur l’image dans son ensemble. Nouveauté apparue avec la version 5 du logiciel, la possibilité de travailler sur des parties désignées du cliché. En sélectionnant le pinceau, situé en haut du menu, vous allez pouvoir appliquer des modifications sur des zones préalablement « peintes ». Outil intéressant s’il en est, pour des parties très surexposées, par exemple.

Autre outil du chapitre éclairage, la Densité. Cette option va vous permettre de modifier la densité et/ou la saturation de zones sélectionnées grâce à la souris, directement sur la photo. Dans mon exemple, ayant fait ressortir les nuages en modifiant l’éclairage, je vais accentuer quelques zones sombres, pour donner un peu plus de dynamique sur les cumulus. « Paramètres de l’opération » va vous permettre de sélectionner le type d’information que vous voulez modifier. Entre les tons les plus sombres, les moyens ou les plus clairs. Avec une plage d’efficacité de 0 à 100%. « Paramètres du pinceau » définira la largeur du tampon, un éventuel contour progressif (cercle discontinu autour du cercle plein) et l’intensité.

Passons à la couleur. Ma balance des blancs étant cohérente, je ne passe pas par cette étape, mais il est très pratique pour des clichés faits en intérieur, sans flash, où les blancs tendent immanquablement vers le jaune ou l’orange. Une sélection sur un endroit gris ou blanc de l’image donnera une première correction, qu’il sera possible de pondérer ensuite. J’utilise « Couleur avancée » en deux temps.

Tout d’abord la luminosité, je désire travailler les rouges, en particulier, je descends donc la valeur de la bande de rouge, et un peu la bande directement à coté, les oranges. La cocarde peinte sur l’avion et les toits en arrière plan vont être affectés. J’applique ma modif.

Ensuite, je passe en saturation. Nous avons dit plus haut que le fait d’avoir baissé la luminosité du ciel avait eu pour effet connexe de le saturer, pour le rendre plus tout à fait cohérent. Raison pour laquelle je baisse un peu la saturation du bleu foncé et du bleu ciel.

Nous en sommes rendus à ce que je considère comme les finitions, après avoir travaillé le gros œuvre (lumière et couleurs). Dans l’item « Détails », j’utilise l’outil « Netteté ». Globalement, le logiciel va ajouter de la netteté à votre cliché. Différents niveaux prédéfinis sont accessibles et il est possible d’enregistrer ses propres réglages, comme dans les autres catégories. Pour une cliché un peu mou, cela va permettre, dans une certaine mesure, à le rebooster un peu en détails. Inconvénient majeur, la création de bruit qu’il faudra obligatoirement atténuer ensuite. Pour un cliché bien piqué, ça va l’améliorera encore un peu plus.

Seconde étape, la réduction du bruit. Plusieurs options sont encore une fois disponible. Personnellement, j’utilise « Hybride » qui va « calmer » un peu le bruit numérique. Bruit assez peu présent dans mon cliché de départ, l’emploi de l' »Hybride » va surtout lisser un minimum du bruit créé par mon opération en netteté. Le but étant de trouver un équilibre cohérent entre netteté et réduction du bruit.

Troisième étape, l’outil « Clarté ». C’est une nouveauté d’ACDsee Pro 6, cette fonction rend les détails de l’image légèrement plus définis, dit l’aide à propos de cet outil. Cela va permettre de travailler le contraste des tons moyens, sans affecter les ombres et les rehauts. Curseur vers la gauche, on va obtenir une sorte de dilution, qui me fait penser à un rendu peinture à l’huile, à l’inverse, la poignée vers la droite va accentuer ce contraste. Pour mon image, je pousse en clarté pour retrouver un peu de reflets sur les courbes de l’appareil et redonner un coup de punch sur le cockpit.

J’ajoute un cadre en sélectionnant « Bordures » dans la partie « Ajouter ». Il sera possible de choisir la couleur du cadre, sa taille, les bords, d’éventuels effets de bords…

Enfin, pour terminer, vu que cette image est destinée à être diffusée sur le Web, j’ajoute une signature en choisissant « Texte », dans la partie « Ajouter ». Vous pourrez choisir votre police, sa taille, son opacité, le mode de fusion que vous désirez appliquer. Vous pourrez également ajouter, dans cette signature, un symbole de Copyright, de marque déposée ou de la marque de commerce.

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Pour vous donner une idée du temps nécessaire au traitement d’un cliché comme celui-ci, il m’aura fallu, globalement, 4 minutes, compte tenu de la connaissance des menus et de ce que je veux comme résultat final. On est bien loin de l’idée générale considérant la post prod comme un travail long et fastidieux.
Que l’on s’entende bien, la post prod que j’ai appliquée ici, n’est qu’un embellissement de la photo de départ. Un pro aurait sûrement eu un résultat bien meilleur, en travaillant sous Photoshop. Je ne suis pas pro, je ne maîtrise pas l’arme ultime et le cliché de sortie me convient parfaitement.

Pour conclure, je dirais qu’un beau cliché au départ, peut être encore amélioré par quelques clics de souris, ce serait dommage de passer à coté.

Espérant que ce step by step vous aura intéressés.

8 thoughts on “TUTO // Retouche avec ACDsee Pro 6

  1. Merci pour ce tuto, très clair, superbement illustré par des copies écran nettes et en parfait accord avec les explications (ce n’est pas tjrs le cas !!! hélas) .
    Je découvre les réelles capacités de ACDSee, que j’utilisais il y a x années plus comme « viewer » que comme pgm de post-traitement . Le résultat est au bout et suivre la chrono de ce tuto est très accessible et là je dis bravo !
    Bonne continuation & Merci encore !

  2. Merci beaucoup pour ce tuto. J’utilise ACDSEE depuis de longues années et ai « suivi » passivement les versions, mais je manque de pratique et de connaissances des menus. Ce brillant exercice va me donner l’espoir de pratiquer le post traitement « en conscience ». Encore Merci

  3. Salut mon sacouille! Je découvre ton tuto par hasard en cherchant a intégrer facilement une signature en bas de toutes mes photos. .. j’en profite pour prendre quelques leçons. Nickel ce tuto. Tankiou!
    Pitt

  4. je ne retrouve pas comment faire une retouche des yeux rouge, j’ai le 6 pro.
    avec le 5 je pouvais retoucher les yeux rouge en mettant du bleu ou du vert suivant les yeux de mes modèles, maintenant impossible!!!!
    comment faire il n’y a plus que du gris moche…..
    merci par avance M gerbeaux

  5. Super votre Tuto!!!!

    Merci, en avez vous d’autres?????
    Qu’elles diferences entre Pro et Pro7 ?????

    C’est dommage qu’il n’y a pas de Lasso magnétique!

    Cordialement Bernard

    1. Je n’en ai pas refait depuis la Pro 6
      A chaque version ses petites modifications, nous en sommes rendus à la Pro 8
      Et le lasso magnétique, qui sait, peut être dans de futures versions.
      Cordialement

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